C’est au XVIe siècle que le surf vit le jour en Polynésie.
Par la suite, il fut adopté par les Américains au début du XXe siècle, et c’est seulement en juillet 1957 que les premières vagues françaises furent domptées par les surfeurs de Biarritz, et plus exactement sur la Côte des Basques. La naissance du surf en France est apparu un peu par hasard. Découvrons ensemble son histoire, qui est pour le moins étonnante.
Les débuts du surf en France.
C’est en 1957 que Peter Viertel, scénariste et surfeur américain, de passage à Biarritz avant le tournage d’un de ses films en Espagne « le soleil se lève aussi » fit la rencontre d’un futur pionnier, Joël de Rosnay. Peter, trouvant que les vagues du sud-ouest de la France se prêtaient bien au surf, se fit expédier de Californie une première planche.
Joël de Rosnay pratiquait déjà une activité semblable au bodyboard. C’est ainsi qu’il rencontra Peter prenant ses premières vagues en France. Viertel, en route vers l’Espagne pour son tournage, donna quelques leçons de surf à Joël de Rosnay et lui confia sa board pendant 3 mois. Le surf français était né !

À la fin de l’été 1957, la Côte des Basques compte déjà 4 surfeurs initiés : Peter Viertel, Georges Hennebutte (plus tard, créateur du leash), Jacky Rott et Joël de Rosnay. Les plus jeunes commencent à s’y intéresser, récupèrent des vieilles planches délabrées et se jettent à l’eau. Ils forment ensemble les célèbres « tontons surfeurs » : André Plumcoq, Robert Bergeruc, Pierre Laharrague, Joseph et Jo Moraïz, Bruno Reinhardt, Jacky Rott et Michel Barland.
La naissances des premiers shapers de l’hexagone
Durant l’hiver 1957-1958, Michel Barland et ses amis se renseignent pour fabriquer les meilleures planches possibles. Ingénieur, débrouillard, il cherche le bois le plus léger, et se tourne vers le balsa (presque introuvable en France à l’époque). Il se rapproche de Jacky Rott et d’Henri Hennebutte pour ce projet original de fabrication de planches.
À partir d’une simple photo de planche de surf dans un magazine de National Geographic de 1935, ils confectionnent leur premier modèle. Janvier 1958, le balsa arrive à l’atelier de Barland, le travail commence ! Avec pour premier succès la fabrication de deux planches : l’une couleur aluminium et l’autre d’un gris pâle. Les rails étaient droits et non arrondis. Une fois à l’eau les premiers essais furent décevants.
En juillet 1958, Peter Viertel fait son retour à Biarritz avec trois planches en balsa venant d’Amérique, il excelle sur l’eau. Il prête l’une de ses planches à Barland qui à son tour surfe bien mieux qu’avec sa première réalisation. Il le sait, ce n’est que le début du travail.
À la fin de l’été, il réussit à vendre sa troisième création en contreplaqué. En parallèle du Bayonnais Barland, le Landais Rott vend lui aussi ses premières planches.
Jusqu’en 1958, ces boards étaient uniquement réalisées en bois, l’arrivée du plastique changea les choses. Faisant face aux mêmes problèmes et questionnements, les deux hommes prirent la décision d’unir leurs forces à travers la marque Barland-Rott. La première entreprise de fabrication de planches voit le jour en France. La qualité de leurs produits ainsi que leur monopole les conduisent rapidement au succès. Puis après quelques années de collaboration, les deux entrepreneurs se séparent.


Aujourd’hui encore, la marque Barland produit les meilleurs longboards français pour de nombreux amateurs. Philippe, le fils de Michel a hérité de son art du shape et a repris la marque familiale.

Le mythique Waïkiki Surf-Club
C’est le 16 septembre 1959 que le premier surf club voit le jour en France : le Waïkiki Surf-Club, fondé par les surfers vedettes du moment : Lamarque, Barland, Plumcocq et Etchepare. Le club est implanté dans les locaux des Bains de la Côte des Basques.
La Côte des Basques, spot mythique
Ici, tout a commencé. Idéal pour surfer, admirer l’océan, c’est ici à la Côte des Basques que de nombreux débutants viennent s’essayer au surf, des chasseurs de vagues et des passionnés.

On peut y croiser de nombreuses nationalités : Australiens, Américains, etc. à la recherche de l’Eldorado ultime.
Sur le spot, il était naturel d’être à plusieurs sur la même vague.
René Bégué, surfeur des années 60, se souvient : « l’époque était unique, car nous commencions tous le surf en même temps et nous étions au même niveau. Il n’y avait ni frimeurs ni exclus. Les conditions étaient bonnes avec une plage sous la falaise, même à marée haute, et le climat restait convivial, en grande partie grâce à Michel Colas qui, avec sa bonne humeur légendaire, faisait de chaque jour une fête. »
Et aujourd’hui ?
Nous nous souvenons des personnages qui ont marqué notre histoire.
Notre passion du surf évolue à une vitesse folle, le vocabulaire, les boards, les accessoires… Nous faisons évoluer cette discipline tout en restant attachés à la culture française du surf.
Le nombre de surfeurs français est passé de quelques dizaines en 1960 à environ 1 million aujourd’hui, dont 80 000 licenciés à la FFS. Et selon l’International Surfing Association, on ne compte pas moins de 25 millions de surfers dans le monde. Rappelons également que la première apparition du surf aux JO ne date que de 2020 ! Le surf nous réserve encore bien des surprises.
Livre à découvrir : Les tontons surfeurs, Alain Gardinier.
Source photo article “la naissance du surf”
https://www.biarritz-inspirations.com/2019/04/18/le-surf-dans-ladn/
https://www.surfingfrance.com/disciplines/surf/adieu-mr-rott.html
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