Nous allons via cet article vous parler d’un projet qui nous tient particulièrement à cœur chez Wildsuits. C’est le projet d’une expédition d’un skipper et photographe aguerri (également chercheur) et de sa compagne scientifique et aventurière sur un voilier de 10,75 m Tupaia, datant des années 70’.
Le dernier projet de se couple, Lauric Thiault et Nao Nakamura c’est une expédition pour la Patagonie.

Leurs précédentes destinations
Cela a commencé il y a environ trois ans, alors qu’on rentrait de 2 ans passés en Australie pour le travail. On (surtout Lauric !) avait l’idée d’acheter un bateau depuis un moment et c’était l’occasion car on avait des économies et du temps. On a trouvé notre bateau en Bretagne et on a décidé d’y rester pour le préparer petit à petit et se familiariser avec la voile (parce qu’on n’y connaissait rien au début !). On est allés en Norvège la première année, puis en Écosse l’année suivante.
Ces deux navigateurs n’en sont pas à leur coup d’essai. Ils ont effectué de nombreuses excursions à travers le monde, que ce soit dans les pays chauds de l’hémisphère sud ou bien dans les pays nordiques de l’hémisphère nord. Des fonds marins de Moorea (Polynésie Française) jusqu’aux Fjord de Norvège en passant par les immenses pleines d’Écosse. Bref, ils ont de quoi en faire rêver plus d’un parmi nous.
L’envie de s’éclipser ne les quitte jamais, partir pour mieux revenir. L’appétence de l’exploration est quelque chose qui bouillonne en eux et qui les pousse à monter à bord de leur 10,75 m, pour mettre le cap sur des régions bien austères pour la plupart mais le terrain de jeux idyllique pour Lauric et Nao.
L’embarcation multifonction – Le Tupaia
El Tupaia, un nom qui fait hommage à un Tohunga un polynésien de l’île de Raiatea en Polynésie Française qui accompagna l’expédition du célèbre marin James Cook en 1769 à bord du HMB Endeavour et servit en tant que guide à travers les différents archipels de l’océan Pacifique et membre du parti scientifique de Joseph Banks. Une figure et un emblème de la connexion entre les Britanniques et les Maoris.
Un nom qui baptise fidèlement leur embarcation car c’est d’après eux : “une représentation de la nature interdisciplinaire du projet, […] les connaissances, les compétences et la bravoure dont a fait preuve ce navigateur sont pour nous une source d’inspiration .”
Un bateau qui tient toujours ses promesses en les suivant partout à travers le monde. Améliorée au fil des années, c’est une véritable maison flottante. Équipé d’à-peu-près tout le confort nécessaire, le couple se sent littéralement chez lui, dans leur cocon voguant au travers des océans infinis, au gré des vents et des courants.
Pouvant accueillir jusqu’à 5 personnes durant plusieurs semaines, le SV Tupaia est un bateau optimisé au maximum, avec de nombreux rangements et une capacité de stockage importante malgré sa “petite” taille.

Brief de présentation, nous avons posé quelques questions à l’équipage du SV Tupaia afin d’en apprendre un peu plus à propos de leur nouvelle expédition. Voici ce qu’ils nous ont répondu :
- Comment appréhendez vous cette expédition d’un point de vue personnel ?
Après presque trois ans passées en Bretagne et à naviguer dans les régions nordiques, cette expédition dans les fjords de Patagonie est un nouveau chapitre pour nous, mais qui s’inscrit tout de même dans la continuité de ce que l’on fait depuis plusieurs années.
Avec ce nouveau projet, nous espérons combiner notre envie de voyager et de découvrir des coins sauvages, la liberté qu’apporte un voilier, et notre activité professionnelle liée à la recherche scientifique. Pour Nao, c’est aussi l’occasion de reprendre la plongée scientifique après quelques années de pause. On sait qu’on a encore beaucoup de choses à apprendre, que ce soit pour la navigation, la logistique d’une expédition, mais c’est ça qui rend cette expédition intéressante !
- Pouvez-vous nous faire un brief de votre expédition
Le projet vise à explorer les fjords de Patagonie durant une année entière (2024) à bord de notre voilier Tupaia.
Nous prévoyons de quitter notre port d’attache de Paimpol (Bretagne) début septembre 2023 en direction du Cap Vert, notre première escale. Nous traverserons ensuite l’atlantique en diagonale et rejoindrons Mar del Plata (Argentine) au mois de décembre 2023 pour effectuer les démarches administratives et préparer la traversée vers la Patagonie, notre destination finale pour ce projet.
Nous sillonnerons la Patagonie toute une année en quasi-autonomie à bord de notre voilier, remontant petit à petit les méandres que constituent ces canaux qui s’étendent d’Ushuaïa au sud jusqu’à Puerto Montt au nord. Nous partirons à la découverte des paysages oniriques qu’abrite cette région australe qui a tellement de chose à raconter : des forêts primaires impénétrables à fleur d’eau aux imposants glaciers suspendus de la Terre de Feu en passant par la richesse de la faune et de la flore qui la composent.
- Comment se déroule la cohabitation dans le voilier (la préparation avant le départ, le stockage, le ravitaillement, etc…) ?
Cela fait bientôt 3 ans que nous vivons à bord de Tupaia et la cohabitation à deux se déroule très bien. Nous avons survécu au confinement durant le COVID, puis aux nombreux travaux d’amélioration que l’on a engagés ces dernières années. On connaît bien les chercheurs qui nous rejoindront durant les différents legs, donc la proximité ne devrait pas être un problème. Les travaux sont presque terminés. Il ne nous reste plus qu’à faire de grosses courses avant le départ (de quoi tenir quelques mois en nourriture non périssable et quelques fruits et légumes pour le début de la traversée).
Pour l’autonomie pendant la traversée, on est parés : nos 20L de gaz pour la cuisine sont pleins, les cuves d’eau que nous avons fabriquées l’hiver dernier (total 600L) également. À deux et en faisant attention, on peut tenir 2 mois (pour l’eau) et 4 mois (pour le gaz) sans problème avec ces réserves. Nous allons partir avec le réservoir de gasoil à moitié plein (150L sur 280L) et ferons le plein à notre stop aux cap-vert car le prix au litre y est moins cher. On ne prévoit pas d’utiliser le moteur jusque-là bas donc ça devrait aller.

QUEL(S) OBJECTIF(S) CHERCHEZ-VOUS À ATTEINDRE AU TRAVERS DE CE PROJET ?
Les objectifs de ce projet sont multiples. Le premier, très personnel, est de répondre à cette envie d’explorer des milieux reculés, de me tester, et d’effectuer un voyage qui nous marquera sans doute à vie.
Le second vise à participer à l’éveil des consciences sur la beauté et la fragilité de cette région du monde et d’aider – à notre échelle et à notre manière – à sa préservation. Nous comptons utiliser nos clichés et films pour capturer la beauté de la nature et souligner les effets dévastateurs du manque d’initiatives de conservation, car nous sommes convaincus que la photographie et la vidéo sont des outils très puissants pour sensibiliser et inspirer une réponse du grand public et des décideurs.
Le troisième objectif vise à affirmer et transmettre les valeurs de l’esprit d’aventure, de l’exploration et de la découverte auprès du grand public en apportant un regard nouveau sur le voyage. Au travers de ce projet, nous souhaitons démontrer la pertinence d’un rapport au voyage et à la découverte plus engagé, plus respectueux et plus authentique.
QUELLES SONT VOS MOTIVATIONS PERSONNELLES POUR MENER À BIEN CE PROJET ?
Ce projet est sans doute d’abord motivé par les récits des explorateurs, auteurs, skippers et simples voyageurs que j’ai pu lire ou rencontrer au cours de mes précédents voyages.
Il regroupe également trois de mes plus grandes passions : celle du milieu marin et les régions reculées, celle de la création d’images marquantes, et celle du voyage à la voile, respectueux de (et porté par) l’environnement naturel.
Ayant déjà participé à des expéditions de grande échelle dans le cadre de mon travail de chercheur, l’aspect flexible, “petit budget” et modeste de ce projet me plait également beaucoup ! Je pense en effet que ce qui fait le succès d’un voyage ou d’un projet d’exploration ne sont pas les budgets et moyens logistiques démesurés mais plutôt la détermination et la compétence d’une équipe soudée et créative. Je suis convaincu que ce projet en sera la preuve.
POUR VOUS, QU’ EST-CE QUE REPRÉSENTE L’ EXPLORATION ?
L’exploration au sens général fait référence à l’acte de découvrir quelque chose de nouveau ou d’inconnu comme de nouvelles régions, de nouvelles idées ou de nouvelles façons de faire les choses. Pour moi, elle représente aussi un engagement dans des projets qui sortent de l’ordinaire et qui impliquent un certain degré d’incertitude. Jusqu’ici, il me semble que l’exploration a été inspirée nominativement, à travers l’exploit d’un homme en qui elle s’incarne.
C’est d’ailleurs au travers des récits de certains grands explorateurs que je me suis intéressé aux voyages et à l’exploration. Mais j’aime à penser qu’aujourd’hui, les grandes explorations ne sont plus uniquement le triomphe de la biographie de ces figures majeures, mais plutôt celui d’une équipe compétente, inspirée et travaillant ensemble vers un objectif commun. Les risques sont toujours présents mais sans doute moins qu’auparavant, ce qui n’empêche pas une préparation minutieuse pour faire face à l’incertitude inhérente à ce type d’entreprise. Les motivations religieuses, économiques, politiques, militaires qui sous-tendaient les précédents grands voyages d’exploration ont laissé place à des inspirations d’ordre artistique, scientifique et humaniste.
Même si selon moi, l’exploration moderne possède toujours de nombreux points communs avec l’exploration « historique » (toutes deux prennent part dans un environnement isolé, parfois extrême voire hostile, comportent une grande part d’incertitude, nécessitent une excellente capacité d’adaptation, de la patience et de la détermination), l’exploration d’aujourd’hui vise non plus à découvrir et faire découvrir des régions, des ressources ou des peuples, mais plutôt des facettes de ces derniers qui demeuraient inconnues jusqu’ici. Et c’est ce que nous visons avec ce projet d’exploration.
En résumé,
Un bateau des années 70’; deux humains attachés à leur planète et son écosystème; des connaissances biologiques et du matériel d’exploration, tout cela saupoudré d’images aquatiques, terrestres et même aériennes. Bref, un combo parfait alliant nature, découverte, créativité et challenge. C’est devenu une habitude pour nos deux aventuriers, plus que ça, c’est leur mode de vie à présent. Ils se réveillent avec l’envie permanente de reprendre la route, retrouver cet horizon bleu, le son de la houle fendu en deux par la proue du bateau et l’odeur iodée de la mer.
C’est une futur odyssée qui les engage eux mais aussi tout ce qu’ils ont construit depuis des années. Des destinations multiples avec des objectifs différents, une longue route les attend.

Pour en savoir plus sur leur aventure, les préparatifs ou autres, n’hésitez pas à contacter directement Lauric Thiault sur son instagram @lthiault.
Découvrez la chaîne youtube Lauric Thiault et son site internet ici.
Retrouvez également nos combinaisons qui accompagnent Lauric et Noa lors de leurs expéditions dans l’onglet “nos combinaisons”.


